dimanche 25 avril 2010

Mission Sourires d’Afrique
Bamako du 31 janvier au 12 février 2010
Rapport d’activités


1- INTRODUCTION

La mission s’est déroulée à l’Hôpital Mère-Enfant du Luxembourg de Bamako. L’équipe de Montréal, Mission Sourires d’Afrique, répondait à une invitation du Consul Honoraire du Mali à Montréal, Monsieur Serge Poitras et la mission était parrainée par Madame Touré Lobbo Traoré, Première Dame du Mali. Le Dr Hamady Traoré, chirurgien, la direction hospitalière en la personne du Dr Moulaye Cissouma directeur général et la Fondation pour l’Enfance ont assuré la réalisation de la mission du côté de Bamako. Le financement était pris en charge par Mission Sourires d’Afrique avec la collaboration de Smile Train. Le but de la mission était double soit le traitement des enfants porteurs de fentes labio-palatines mais aussi le transfert d’expertise à nos partenaires locaux médecins et personnel infirmier.

2- PLANIFICATION DE LA MISSION ET RECRUTEMENT DES PATIENTS

Le recrutement des patients porteurs de fentes labio-palatines, sous la responsabilité du Dr Traoré, avait été débuté avant notre arrivée. De plus, une campagne intensive après notre arrivée en insistant sur le fait que la chirurgie était gratuite et la collaboration du Dr S. K. Timbo chirurgien du CHU Gabriel Touré ont permis de regrouper les enfants qui pouvaient bénéficier des chirurgies. Nous avons aussi eu le support direct de la Présidente du Mali qui a visité l’Hôpital lors de la mission et a reçu toute l’équipe à la Présidence à la fin de la mission. Ce cautionnement de nos activités par les plus hautes instances du pays a pu jouer un rôle significatif dans le recrutement des patients.


Les locaux mis à notre disposition à l’Hôpital ont répondu très adéquatement à nos besoins tant en salle d’opération que du coté des chambres d’hospitalisation et bureaux de consultation. Le personnel hospitalier du bloc opératoire, de la salle de réveil et du secteur d’hospitalisation a efficacement travaillé avec les membres de notre équipe : une belle complicité et des amitiés durables ont été développées. Cette intégration des deux équipes a permis un transfert d’expertise pratique en lien avec la formation théorique offerte (voir volet enseignement).

3- ÉVALUATION DES PATIENTS

Débutée le 1er février, l’évaluation des patients s’est poursuivie tout au long de la mission. Cent vingt-huit patients ont été évalués.
Les cas ont été priorisés en se basant sur les pathologies et risques opératoires (âge, poids, état de santé, etc.) et résultats fonctionnels escomptés (capacité de rééduquer le langage par exemple). Nous avons aussi tenu compte de l’intérêt pédagogique de certaines chirurgies.

Un enfant de 4 semaines avec fente labio-palatine et un état de dénutrition extrême a été admis conjointement avec l’équipe locale pour une prise en charge alimentaire (gavages puis alimentation orale progressive) et prise en charge sociale.

Tous les patients ont été évalués par le pédiatre de notre équipe en collaboration avec les médecins locaux et les analyses sanguines préopératoires (formule sanguine et sérologie) ont été effectuées. Des dossiers médicaux ont été complétés (copie électronique conservée, copie papier laissée à l’Hôpital), des photos pré et postopératoires de tous les patients ont été faites (copies électroniques pour notre équipe et l’Hôpital) et les consentements à la chirurgie et aux prises de photographies ont été obtenus.

Tous les patients opérés ont été admis la journée de la chirurgie et hospitalisés une nuit après la chirurgie pour observation. La grande majorité a quitté le lendemain de la chirurgie sauf quelques exceptions qui ont été observés plus longtemps. Il n’y a eu aucun frais pour les patients.

Tous les patients ont pu être revus à la fin de la mission avec le Dr Traoré (HME) et le Dr Timbo (CHU G-T) qui continueront le suivi selon les besoins des patients.

4- INTERVENTIONS CHIRURGICALES

  • Les chirurgies ont débuté le 2 et se sont terminées le 10 février.
  • Au total, 68 patients ont été opérés (28 garçons et 40 filles)
  • 61 chirurgies de fentes labio-palatines, 2 reconstructions de noma, et 5 anomalies diverses.
  • L’âge moyen des patients était de 7.3 ans, 23 des enfants opérés avaient moins de 2 ans.
Deux chirurgiens plastiques canadiens expérimentés ont participé à toutes les chirurgies, soit comme chirurgien principal ou comme assistant d’un chirurgien malien. Certains patients ont été sélectionnés en raison de la valeur pédagogique de leur chirurgie : par exemple, des patients plus âgés présentant une fente palatine. Les chirurgiens maliens participant à la formation avaient moins d’expérience avec la fermeture chirurgicale des fentes palatines (staphylorraphie). Le fait de pouvoir opérer des patients plus âgés pour se familiariser avec la technique chirurgicale est un avantage puisque les structures sont plus grosses et l’espace pour travailler rend le geste plus facile. Donc, quelques adultes ont été opérés pour fermeture de fentes palatines même si la possibilité de rééducation du langage dans ce groupe d’âge est moins bonne que chez les jeunes enfants.

La majorité des chirurgies ont été effectuées dans une salle où deux tables d’opération avec deux appareils d’anesthésie étaient installés en parallèle: un appareil appartenant à l’Hôpital et un appareil d’anesthésie portatif apporté pour la mission par l’équipe canadienne. Une deuxième salle avec un appareil d’anesthésie de l’Hôpital et une table d’opération a été utilisée pendant 4.5 jours pour effectuer des cas d’enseignement avec les collègues maliens. Les anesthésistes locaux étaient responsables de l’anesthésie dans cette salle avec support de l’équipe canadienne au besoin.

Tous les instruments et fournitures chirurgicales et anesthésiques pour les 2 salles d’opération ont été apportés par l’équipe canadienne. La stérilisation des instruments a été effectuée avec les appareils de l’Hôpital en respectant toutes les normes internationales de stérilisation.

5- ENSEIGNEMENT

Enseignement théorique :

Une activité de formation post universitaire organisée par Dr Traoré et l’ONG Horizon Vert a eu lieu le samedi 6 février.

Plus de cinquante de médecins et infirmiers de plusieurs services hospitaliers et universitaires de Bamako ont participé à la demi-journée de cours présidée par le Professeur Alhousseini A G Mohamed, Chef du service ORL du CHU Gabriel Touré.

Les cours théoriques donnés par 6 membres de l’équipe canadienne ont couvert différents aspects du rôle du personnel infirmier et de l’inhalothérapeute en salle d’opération, de l’évaluation pédiatrique des enfants avant une chirurgie, de l’anesthésie générale en contexte africain et des chirurgies de reconstruction du visage (voir programme de la journée ci-joint).

Enseignement pratique :

Trois bourses de formation ont été offertes (voir critères d’attribution et contenu pédagogique ci-joint). Les chirurgiens maliens participants ont d’abord assisté le chirurgien canadien puis opéré avec un chirurgien canadien sur une troisième table d’opération des cas choisis pour leur valeur pédagogique en collaboration ave un anesthésiste et un infirmier malien.

Le Dr Samba Karim Timbo, ORL du CHU Gabriel Toure, le Dr Roger Mounkoro, chirurgien pédiatre du CHU Gabriel Toure et le Dr Hamady Traoré de l’Hôpital Mère-Enfant ont reçu les bourses de formation (valeur $400.00 ca) et une attestation de formation spécialisée en chirurgie des fentes labiopalatines.

Deux membres de l’équipe d’infirmiers africains en salle d’opération se sont joints à l’équipe d’infirmières de salle d’opération de Montréal et ont partagé toutes les tâches de planification des cas, service interne et externe et stérilisation des instruments. Cette coopération a permis une meilleure intégration des pratiques de l’équipe élargie. Une infirmière africaine a aussi partagé toutes les tâches des infirmières de salle de réveil; cette collègue dévouée s’est avérée un atout important pour la communication avec les familles des patients.

6- ACCRÉDITATION SMILE TRAIN AU MALI

Une retombée positive majeure de la collaboration de l’équipe canadienne et de l’enseignement à l’équipe malienne est une demande d’accréditation de nos partenaires maliens par Smile Train.

L’organisme Smile Train basé aux États Unis dispose d’un budget important qui permet de financer les soins aux enfants porteurs de fentes labio-palatines et l’enseignement de cette chirurgie à travers le monde. L’équipe Mission Sourires d’Afrique a déjà démontré la qualité de ses soins et de son enseignement au cours de missions antérieures et est déjà accréditée pour recevoir un financement de Smile Train.

Un des buts de la mission à Bamako cette année était de faire évaluer l’équipe de Bamako dirigée par le Dr Traoré dans le but d’obtenir un financement direct au Mali pour les chirurgies de fentes labiopalatines effectuées gratuitement (sans la participation de notre équipe): il s’agit de démontrer que le Dr Traoré et son équipe ont la compétence de faire ces chirurgies et peuvent être financés par Smile Train.

Le responsable de Smile Train pour l’Afrique de l’Ouest, Monsieur Remi Adeseun est venu à Bamako durant la mission, il a été capable d’évaluer les soins fournis par le Dr Traoré et l’enseignement pratique et théorique de notre équipe. Il a aussi rencontré les chirurgiens du CHU Gabriel Touré présents au cours de la mission en plus de visiter l’Hôpital Mère-Enfant et le CHU Gabriel Touré et rencontrer les directeurs administratifs des deux hôpitaux.

L’appréciation de Monsieur Adeseun s’est avérée très positive et les travaux vont se poursuivre pour obtenir l’accréditation de l’équipe de Bamako comme partenaire Smile Train au Mali. Cette accréditation signifie que les enfants maliens vont pouvoir être opérés gratuitement par des chirurgiens maliens qualifiés et que les frais des chirurgies, des analyses, des hospitalisations, transports, etc… seront financés par Smile Train. Notre équipe entend continuer de soutenir l’équipe du Dr Traoré pour les démarches administratives et la formation continue de son équipe.

7- COMPOSITION DE L’ÉQUIPE CANADIENNE (18 membres)
  • 2 chirurgiens plastiques : Louise Caouette Laberge, Roger Delorme
  • 1 chirurgien pédiatrique : Jean-Martin Laberge
  • 1 pédiatre : Jean Turgeon
  • 2 anesthésistes : Geneviève Coté et Jean Moren
  • 1 inhalothérapeute : Suzanne Ouimet
  • 6 infirmiers(es) : Lucie Ferland, Danielle Tremblay, Raymond Roy, Johanne Corriveau, Myriam Petit, Johanne Bérubé
  • 5 bénévoles non-médicaux (dossiers, photos, logistique et support aux enfants et familles) : Geoffrey Adams, Bernard Fougères, Marthe Bélanger, Marie-Claude Lacroix et France Delorme
8- FINANCEMENT

La Fondation Ste-Justine a recueilli les dons sollicités par l’équipe des bénévoles canadiens auprès de plus d’une centaine de donateurs. Un partenariat efficace a été établi avec l’entreprise des Jus Lassonde Oasis et a permis le financement d’une large proportion de cette mission. Cette entreprise québécoise établie au Mali a su allier le volet commercial au développement humanitaire. Par ailleurs, une contribution importante a aussi été obtenue de Smile Train, un groupe américain qui finance des soins aux enfants porteurs de fentes labio-palatines partout à travers le monde. L’ONG ‘Horizon Vert’ a aussi participé au recrutement et à l’hébergement de plusieurs enfants opérés par notre équipe.

Les fonds recueillis ont servi à l’achat de tout le matériel nécessaire pour la réalisation des chirurgies, au financement des frais d’hospitalisation et analyses des enfants opérés afin que les chirurgies soient totalement gratuites pour les familles. Par ailleurs, les déplacements de l’équipe de Montréal à Bamako, le logement et la nourriture à Bamako ont été à la charge de Mission Sourires d’Afrique.

9- BOURSES DE FORMATION COMPLÉMENTAIRE EN CHIRURGIE DE FENTES LABIOPALATINES

Mission Sourires d’Afrique a offert des bourses de formation complémentaire en chirurgie de reconstruction des fentes labiopalatines à certains chirurgiens africains diplômés, qui ont une pratique établie et leur a permis de continuer à effectuer la chirurgie des fentes labiopalatines après le stage de formation. Les chirurgiens formateurs étaient professeurs en chirurgie plastique au Centre Hospitalier Universitaire Ste Justine de Montréal.

10- CONCLUSION

Le déroulement de la mission a été excellent à plusieurs points de vue :

1- une excellente collaboration avec le Mali du coté des médecins, du personnel infirmier et de l’administration en plus du soutien de la Première Dame du pays.

2- la collaboration entre les chirurgiens de l’Hôpital Mère-Enfants ceux du CHU Gabriel Touré est un atout indéniable pour le développement futur des soins aux enfants porteurs de fentes labio-palatines.

3- le recrutement des patients par les chirurgiens maliens qui ont rappelé des enfants en attente de chirurgie, en plus de la radio et télévision locales qui ont publicisé la chirurgie gratuite pour la durée de la mission. Soixante-huit patients ont pu être opérés de façon sécuritaire et nous n’avons aucune complication à rapporter.

4- le volet enseignement a permis d’augmenter l’expertise de nos collègues maliens dans le traitement des fentes labio-palatines ce qui va leur permettre d’obtenir une accréditation de Smile Train pour un financement stable des chirurgies de fentes labio-palatines faites par les chirurgiens maliens.

5- les locaux (salles d’opération, salles d’examen et chambres d’hospitalisation) à l’Hôpital Mère-Enfants sont très fonctionnels.

6- Plusieurs enfants opérés l’an dernier ont pu être revus cette année et lorsque nécessaire, leur traitement a été complété.


Louise Caouette Laberge md, frcsc,
Chef de Mission Sourires d’Afrique
Chef du Service de Chirurgie Plastique CHU Ste-Justine
Professeur au département de Chirurgie de l’Université de Montréal

jeudi 11 février 2010

Comment dire non?

Il va sans dire que le recrutement de patients, fait via les médias et le bouche-à-oreille, nous apporte chaque année, son lot d'enfants et d'adultes très malades, dont certains sont venus de loin, tous souhaitant grandement être soignés par nos spécialistes de passage.

Toutefois, de nombreux cas de maladies congénitales et d'infections graves, ne répondant pas aux objectifs de la Mission, ne peuvent être traités par notre équipe, faute de temps, d'équipement et/ou de suivi postopératoire adéquat.

On peut donc comprendre combien le triage, effectué par nos chirurgiens et pédiatres, est un exercice difficile, qui demande doigté, courage et parfois, fermeté. Car, comment dire non à ces parents qui autrement, dans nos hôpitaux et nos installations, verraient d'emblée leurs enfants traités et sauvés? Comment dire non, lorsqu'on a l'expertise, l'expérience et surtout le cœur pour le faire?...

Alors, heureusement, quelques fois, on peut faire exception!...

Ce fut le cas pour Amadou, petit garçon de trois ans, sérieusement brûlé par de l'huile bouillante, au bras, au torse et à la jambe. Les chirurgiens ont déployé son bras gauche qui avait cicatrisé plié, ainsi que son pouce, retenu au poignet. Amadou pourra donc graduellement retrouver l'usage de son bras et de sa main pour s'alimenter, jouer, travailler.

Mamounia, elle aussi, a pu être traitée. Petite poupée de seize mois, elle est une victime du noma, cette terrible maladie de la gangrène faciale qui lui a rongé la mâchoire supérieure et le nez. Arrivée en catastrophe au centre de noma "Au fil de la vie" avec lequel nous collaborons, elle ne réussissait plus à se nourrir. Grâce à nos soins, elle a pu manger ce matin et prendra du mieux alors que l'infection est maintenant stabilisée.

Et, il y a eu Nia... Une maman de 32 ans, atteinte d'une neurofibromatose sévère qui, au cours des années, l'a partiellement défigurée. Lorsque nous l'avons reçue à l'hôpital, la tête courbée sous le poids de la détresse, elle présentait de larges fibromes au visage qui lui couvraient entièrement l'œil gauche et lui donnaient un air tristement monstrueux. Aujourd'hui, Nia est totalement transformée! Son visage est dégagé et son œil, quoique toujours gravement déformé, sera peut-être un peu opérant. Certes, elle devra porter une coquille pour le protéger des regards indiscrets, mais elle pourra travailler librement au champ avec ses trois filles et marcher fièrement au bras de son mari!

Marie-Claude Lacroix
Bénévole

mercredi 10 février 2010

Maman aussi revit!

Chétive, les yeux ronds et profonds, elle nous arrive de la Côte d'Ivoire. Fatoumata a neuf mois. Depuis sa naissance, elle et sa maman sont rejetées par les habitants du village.

Seule enfant de son entourage née avec une malformation de la lèvre, elle est vite devenue l'incarnation d'une malédiction du ciel qui effraie et qu'il faut cacher. Montrée du doigt, sa maman ne peut plus déambuler librement et s'intégrer socialement. S'il lui arrive de devoir sortir avec sa fille, elle lui couvre la tête pour la soustraire des regards disgracieux. Malheureuse, elle sait que Fatoumata ne pourra grandir normalement, jouer avec les autres enfants ou même fréquenter l'école. Comme sa maman, elle demeurera isolée.

Puis, une lueur d'espoir. Un reportage à la télévision annonce l'arrivée à Bamako d'une mission canadienne. Cependant, le père de Fatoumata, résigné, croit sa fille condamnée et refuse de s'y rendre. Mais, ce que femme veut, Dieu le veut! La maman de Fatoumata, dont le frère habite la capitale malienne, quitte le village avec sa fille pour le rejoindre et se rendre jusqu'à nous.

Samedi, Fatoumata a été opérée. Il m'est impossible de vous décrire la joie retenue de sa maman ni la fierté touchante de son oncle. Mais je peux vous affirmer qu'aucune d'entre nous à la salle de réveil n'oubliera cette femme qui est repartie lundi, heureuse et libre, avec sa petite fille bien installée, la tête haute, dans le baluchon qu'elle porte dans son dos!

France Delorme
Marie-Claude Lacroix
Bénévoles

lundi 8 février 2010

Si tu veux aller loin…

Un chirurgien africain nous a « éduqués » avec le proverbe suivant :

« Si tu veux aller vite, vas-y seul;
mais si tu veux aller loin, vas-y avec les autres. »


C’est dans cette optique que l’équipe MSA cherche à travailler : Enfants opérés en transmettant les techniques aux chirurgiens de Bamako, troisième table chirurgicale pour l’enseignement et aujourd’hui (samedi 6 février), des conférences de formation données par les membres de notre équipe.

Voici le programme des conférences :
15h10 Recommandations pour le personnel de salle d’opération
Lucie Ferland, infirmière clinicienne

15h25 Rôle de l’assistant anesthésiste
Suzanne Ouimet, inhalothérapeute

15h40 L’OMS et la promotion de la sécurité péri-opératoire
Dr Geneviève Côté, anesthésiste
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16h00 Evaluation préopératoire chez l’enfant
Dr Jean Turgeon, pédiâtre

16h20 La reconstruction du visage
Dr Roger Delorme, chirurgien plastique

16h55 Le traitement des fentes labiopalatines
Dr Louise Caouette-Laberge, chirurgien plastique

17h30 Discussion
18h00 Collation


Les invitations avaient été faites par le Dr Traoré, et l’événement fût un grand succès : plus de 50 participants, incluant médecins, infirmières, techniciens et étudiants provenant de plusieurs hôpitaux de Bamako. Même le président du collège des médecins du Mali y était. Les questions ont été nombreuses, et les discussions fructueuses, autant dans la salle de conférence que pendant le goûter qui a suivi.
On peut dire que les ponts sont définitivement établis, non seulement avec le Dr Traoré, mais aussi avec l’équipe d’ORL de l’hôpital universitaire Gabriel Touré.

D’autant plus que de jeudi à samedi, nous avions la visite de M. Rémi Adeseun, qui est le représentant de Smile Train pour toute l’Afrique de l’Ouest. Notre but est que le Dr Hamady Traoré et d’autres chirurgiens de Bamako atteignent un niveau d’expertise tel que Smile Train pourra subventionner directement la chirurgie des fentes labio-palatines pour tous les patients. Enfin les enfants du Mali pourront se faire opérer sans frais, et sans devoir attendre le passage d’équipes de bénévoles étrangers comme la nôtre. M. Adeseun a semblé enchanté de sa visite, non seulement de ce qu’il a vu ici, mais aussi du potentiel que MSA représente pour former d’autres équipes en Afrique francophone.

Lorsque les équipes locales seront accréditées par Smile Train, notre rôle sera plus limité, et notre expertise sera utile surtout pour les cas plus complexes (et ça, il y en a!) et nous aurons le sourire du devoir accompli!

Jean-Martin Laberge
Chirurgien pédiatrique

dimanche 7 février 2010

À petits pas...


«Les parents ne peuvent donner que deux choses à leurs enfants : des racines et des ailes»

Proverbe chinois

Cette deuxième mission sur un même site nous permet de prendre un peu plus de recul. Au-delà de ces sourires réparés qui nous procurent instantanément gratitude et allégresse, nous devons demeurer humbles sur la portée réelle de nos actions.

À l’instar des bâtiments qui s’érigent à un rythme qui dépend des ressources disponibles - et dont certains me semblent inchangés depuis l’année dernière - il faut toujours garder en tête que pour assurer une certaine pérennité à ce que l’on fait, certains principes de base doivent être respectés. En outre, nous devons continuellement faire un effort pour contrer cette tendance naturelle de vouloir «évangéliser» les gens plus vulnérables auxquels nous souhaitons apporter notre soutien. Partir de ce qu’ils savent et respecter les moyens qu’ils ont est le modus operandi d’un réel transfert de savoir-faire.

Je ne sais pas pourquoi, mais fier de voir leurs petites ailes se déployer, ce sont leurs racines qui m’intriguent davantage. Car derrière ce chaos, se cache nécessairement une forme d’équilibre dont la symbolique des us et coutumes m’est impossible à décoder.

À travers leurs récits personnels et leurs trajectoires souvent entachées de blessures et de cicatrices, j’ai été touché par les valeurs profondes de ce peuple - que je connais bien peu - empreintes de dignité, de respect, de résilience et d’espoir. Plusieurs de celles-ci heurtent ou pour le moins contrastent avec celles dans lesquelles nous vivons.

On perçoit les strates sociales et ses iniquités, le pluralisme et ses enjeux pourtant sans grande tension sociale apparente. On est surtout happé par les véritables déterminants sociaux de la santé pour lesquels on se sent immensément impuissants; voilà la véritable humilité à laquelle je faisais allusion et qui, une fois avouée, me permet d’apprécier les grands pas de complicité qui se tissent entre les équipes, autant dans nos rapports humains que dans le partage d’expertise, le tout sur une toile encore fragile mais dont des petits pas ont déjà laissé leurs traces…

L’importance que semble prendre la place des enfants dans cette société est remarquable. Quiconque a à cœur la promotion et la défense des droits et intérêts des enfants devrait s’en inspirer. C’est, sur un plan personnel, le principal legs que me laissera cette belle aventure.

«Ça prend tout un village pour élever un enfant.»

Proverbe africain

Jean Turgeon

Pédiatre

mercredi 3 février 2010

Reprendre là où on a laissé


A l'oeuvre depuis trois jours déjà, l'équipe de Mission Sourires d'Afrique est maintenant bien installée et a vite pris un rythme de croisière rapide et efficace.

Les choses ont à la fois beaucoup et peu changé à Bamako depuis notre séjour de l'année dernière. L'hôpital, comme la capitale, grandit, alors que la construction de nombreuses infrastructures et de nouveaux bâtiments sont en cours un peu partout dans la ville. A l'hôpital Mère-Enfant, de nouveaux espaces ont été créés, des équipements ont été acquis et les équipes locales poursuivent le développement de leurs connaissances en accueillant à tour de rôle divers organismes humanitaires qui viennent les former et les aider dans différentes spécialités médicales.

Toutefois, nos petits patients maliens, eux, demeurent toujours aussi fragiles et stoïcs. Plusieurs sont très petits pour leur âge et présentent de graves symptômes d'anémie et de malnutrition.

Depuis hier, nous avons opéré 14 enfants âgés entre un mois et cinq ans. Parmi eux, une petite fille nommée Safiatou, qui nous revient pour subir une deuxième opération. En effet, alors qu'ils avaient réparé sa lèvre en février 2009, les médecins ont pu cette fois-ci terminer le travail en refermant son palais - une intervention nécessaire qu'ils étaient très heureux de pouvoir enfin pratiquer.

On a aussi revu deux petites soeurs qui, l'an dernier, avaient été jugées trop petites pour être opérées. Heureusement, notre retour leur permettra à toutes deux d'être soignées et de repartir cette fois-ci avec le sourire aux lèvres!

Mentionnons en terminant que la Première Dame est venue nous saluer au Centre hospitalier aujourd'hui. Cette visite médiatisée et diffusée à travers le pays par la voix de la télévision, la radio et le journal de Bamako, nous permettra, comme l'an dernier, d'élargir nos efforts de recrutement en rappelant à la population que l'équipe de Mission Sourires d'Afrique du Canada est bien arrivée pour les soigner et leur donner un nouvel espoir de vie.

Merci à tous ceux et celles qui, par leurs dons, nous permettent de remplir nos promesses!

A très bientôt,
Marie-Claude Lacroix
Bénévole

mardi 26 janvier 2010

UN PARTENARIAT FRUCTUEUX!




C’est avec joie et reconnaissance que Mission Sourires d’Afrique est heureuse de pouvoir compter sur le soutien financier important de OASIS FRUITZOO pour la réalisation de sa toute prochaine mission à Bamako, capitale du Mali.

vendredi 22 janvier 2010

PETIT TRAIN VA LOIN!

En collaboration avec l’organisme mondial SMILETRAIN, Mission Sourires d’Afrique offre des chirurgies gratuites de reconstruction de fentes labiopalatines aux enfants africains et propose un programme d’enseignement aux équipes médicales locales avec bourses de formation.

vendredi 30 octobre 2009

PROCHAINE MISSION: MALI du 29 janvier au 13 février 2010


Afin de redonner le sourire au plus grand nombre d'enfants africains possible par le biais d'une transmission des connaissances solide et complète, Dr Louise C. Laberge et son équipe retourneront à Bamako en février 2010 pour poursuivre leur enseignement et leur travail humanitaire.

Votre aide est précieuse et indispensable!

Redonnez la vie par le sourire en faisant parvenir vos dons à:
Important: Mentionnez "Mission Sourires d'Afrique" dans la section "Commentaires" du formulaire de dons.

Merci de votre générosité!


Mission Sourires d’Afrique
Bamako du 1er au 13 février 2009
Rapport d’activités



La mission s’est déroulée à l’Hôpital Mères-Enfants du Luxembourg de Bamako. L’équipe de Montréal, Mission Sourires d’Afrique, répondait à une invitation du Consul Honoraire du Mali à Montréal, Monsieur Serge Poitras et la mission était parrainée par Madame Astou Diawara, épouse de l’Ambassadeur du Mali au Canada. Le Dr Hamady Traoré, chirurgien, la direction hospitalière en la personne de Madame Cissé et la Fondation pour l’Enfance présidée par Monsieur Boubakar Niang ont assuré la réalisation de la mission du côté de Bamako.

Le Fonds Canadien d’Initiatives Locales (FCIL) de l’Ambassade Canadienne à Bamako a soutenu nos partenaires maliens pour cette mission. Nous avons aussi bénéficié du support direct de la Présidente du Mali qui a visité l’Hôpital à deux reprises lors de la mission. Ce cautionnement de nos activités par les plus hautes instances du pays a pu jouer un rôle significatif dans le recrutement des patients.
Déroulement de la mission :

Les bénévoles sont arrivés à Bamako en soirée le 31 janvier et ont été accueillis par les partenaires maliens à l’aéroport. Le matériel a été transporté à l’Hôpital le soir même tandis que les bénévoles étaient installés à l’Hôtel Colombus.

Le 1er février, une visite de l’Hôpital avec nos partenaires maliens nous a permis de prévoir l’installation du lendemain au niveau du bloc opératoire et pour l’évaluation préopératoire des patients.

Le 2 février, plus de cinquante patients ont été évalués par le personnel infirmier, un chirurgien, un anesthésiste et un pédiatre et un ordre de priorité leur a été assigné (voir addendum). Plusieurs autres patients ont aussi été vus les jours suivants pour porter le nombre total de patients évalués à 134.

Les chirurgies ont débuté le 3 février et se sont poursuivies jusqu’au 11 février avec une journée de pause le dimanche 8 février.

En tout, 65 patients ont été opérés :

  • Fentes labiopalatines (52):
  1. labioplastie unilatérale avec correction nasale et fermeture du palais antérieur (36)
  2. labioplastie bilatérale avec fermeture du palais antérieur (5)
  3. révision de labioplastie unilatérale (1)
  4. révision de labioplastie bilatérale (1)
  5. staphylorraphie (5)
  6. révision de labioplastie et staphylorraphie (1)
  7. pharyngoplastie (1)
  8. fermeture de fistule palatine (1)
  9. reconstruction sillon gingivolabial (1)
  • Reconstruction de noma (6)
  1. correction de cicatrice de brûlure (2)
  2. kyste dermoide (1)
  3. excision malformation vasculaire lèvre (1)
  4. débridement ostéomyélite mandibule (1)
  • Age des patients:
  • Moins d’un an (21)
  • 1–2 ans (9)
  • 3-4 ans (10)
  • 5-10 ans (10)
  • 11-15 ans (4)
  • 15-20 ans (5)
  • plus de 20 ans (6)
  • Sexe des patients:
  • Garçons (26)
  • Filles (39)

Trois chirurgiens plastiques canadiens expérimentés ont participé à toutes les chirurgies, soit comme chirurgien principal ou comme assistant d’un chirurgien malien.

Volet enseignement

Des invitations ont été envoyées aux collègues de Bamako (ORL, chirurgien maxillofacial et chirurgien pédiatrique) les invitant à participer aux activités de la mission. Une session de cours théoriques d’une durée de 3 heures a eu lieu le samedi 7 février en après-midi et a porté sur les voies aériennes et l’anesthésie générale et la chirurgie des fentes labiopalatines.

De plus, trois bourses de formation d’une durée de 3 jours ($100 par jour) étaient offertes. Le chirurgien malien participant devait opérer avec un chirurgien canadien sur une troisième table d’opération des cas choisis pour leur valeur pédagogique en collaboration ave un anesthésiste et un infirmier malien.

Les Drs Daniel Coulibaly et Hamady Traoré ont reçu les bourses de formation et une attestation de formation spécialisée en chirurgie des fentes labiopalatines.

Le Dr Céline Béla Bambava résidente en ORL de l’Université de Ouagadougou a aussi suivi toutes les activités de la mission.

Par ailleurs, l’équipe d’anesthésie a travaillé avec les techniciens anesthésistes de Bamako et veillé au transfert d’expertise autant que possible (voir addendum 4 : recommandations)
Les infirmières de salle d’opération et de salle de réveil ont aussi partagé leur expertise avec les infirmières locales (voir addendum 3 : recommandations)

Membres de la mission canadienne (21)

  • 3 chirurgiens plastiques : Louise Caouette Laberge, Patricia Bortoluzzi et Roger Delorme
  • 1 résidente : Catherine Lecours
  • 1 chirurgien pédiatrique : Jean-Martin Laberge
  • 1 pédiatre : Jean Turgeon
  • 2 anesthésistes : Geneviève Coté et Marie-Claude Francillon
  • 1 résidente : Joanna NgMan Sun
  • 1 inhalothérapeute : Suzanne Ouimet
  • 6 infirmiers(es) : Lyse Giguère, Danielle Tremblay, Guy Legault, Linda Blanchard, Rachel Giroux et Sylvie Chassé
  • 4 bénévoles non-médicaux (dossiers, photo, logistique, support aux enfants et familles) : Geoffrey Adams, Bernard Fougères, Marthe Bélanger et Marie-Claude Lacroix.

Le volet essentiel des contacts avec les autorités politiques et les médecins maliens ainsi que la planification du recrutement des patients ont été sous la responsabilité de Monsieur Serge Poitras, consul honoraire du Mali à Montréal, du Dr Albaka Ag Bazet médecin montréalais d’origine malienne et de Madame Astou Diawara épouse de l’Ambassadeur du Mali à Ottawa.

Leurs contacts constants avec nos partenaires et leur arrivée à Bamako avant les autres membres de l’équipe chirurgicale a permis de s’assurer que tous les éléments essentiels étaient en place pour le succès de la mission. Le Dr Hamady Traoré, chirurgien maxillofacial et la pédiatre Dr Oumahane Ouane ont été des partenaires indispensables tout au long de la mission médicale. Du coté logistique, le support constant de M. Soleiman Sidibé a été extrêmement utile.

L’organisation « Au Fil de la Vie », sous la responsabilité de Madame Sylvie Pialoux et Monsieur Kalifa Touré a recruté et hébergé 8 des enfants que nous avons opérés. Madame Sally Conombo Nébié, collaboratrice de la mission à Ouagadougou en 2007 s’est également jointe à la mission pour poursuivre le partenariat engagé depuis et aider au recueil d’informations auprès des patients opérés.

Financement

La Fondation Ste-Justine a recueilli les dons sollicités par l’équipe des bénévoles canadiens, dons essentiellement récoltés auprès de particuliers Les fonds ont servi au financement des déplacements de Montréal à Bamako, à l’achat de tout le matériel nécessaire pour la réalisation des chirurgies et d’un dermatome électrique qui a été offert en don à nos partenaires maliens. Un rapport détaillé des revenus et dépenses est préparé séparément.

La Fondation pour l’Enfance de l’Hôpital Mères-Enfants du Luxembourg a bénéficié d’une subvention du Fonds Canadien d’Initiatives Locales (FCIL) de l’Ambassade Canadienne à Bamako. La Fondation s’est chargée de couvrir les frais d’hébergement, de repas et de transport des bénévoles sur place en plus des coûts des analyses sanguines et de l’hébergement des patients opérés.

L’ONG ‘Au fil de la Vie’ a aussi participé au recrutement et à l’hébergement de plusieurs enfants opérés par notre équipe.

Détails du fonctionnement de la mission

La majorité des chirurgies ont été effectuées dans une salle où deux tables d’opération avec deux appareils d’anesthésie étaient installés en parallèle: un appareil appartenant à l’Hôpital et un appareil d’anesthésie portatif apporté pour la mission par l’équipe canadienne. Une deuxième salle avec un appareil d’anesthésie de l’Hôpital et une table d’opération a été utilisée pendant 4.5 jours pour effectuer des cas pour fins d’enseignement avec les collègues maliens. Les anesthésistes locaux étaient responsables de l’anesthésie dans cette salle avec support de l’équipe canadienne au besoin (voir recommandations).

Tous les instruments et fournitures chirurgicales et anesthésiques pour les 2 salles d’opération ont été apportés par l’équipe canadienne. La stérilisation des instruments a été effectuée avec les appareils de l’Hôpital (chaleur sèche et chaleur humide) mais nous avons dû changer les paramètres d’utilisation des appareils (température et durée de stérilisation) pour obtenir une stérilisation adéquate vérifiée à chaque cycle avec des indicateurs de stérilité (voir recommandations) .

Tous les patients ont été évalués par notre équipe en collaboration avec Dr Traoré (chirurgien plastique) et Dre Ouane (pédiatre) avant la chirurgie et les analyses sanguines effectuées par l’Hôpital. Des dossiers médicaux ont été complétés (copie électronique conservée, copie papier laissée à l’Hôpital), des photos pré et postopératoires de tous les patients ont été faites (copies électroniques pour notre équipe et l’Hôpital) et les consentements à la chirurgie et aux prises de photographies ont été obtenus. Tous les patients ont été admis soit la veille ou la journée de la chirurgie et ont été hospitalisés une nuit après la chirurgie pour observation. La grande majorité a quitté le lendemain de la chirurgie sauf quelques exceptions qui ont été observées plus longtemps. Il n’y a eu aucun frais pour les patients. Tous les patients ont pu être revus à la fin de la mission avec le Dr Traoré qui continue le suivi selon les besoins des patients.

Conclusion

Le déroulement de la mission à été exceptionnel à plusieurs points de vue :

1- Une collaboration sans faille avec l’équipe de l’Hôpital Mères-Enfants, à partir des médecins chirurgien et pédiatre, de l’équipe de soutien et de l’administration en plus du soutien de la Première Dame du pays.

2- Un recrutement de patients bien planifié et efficace avec l’aide de la radio et télévision locales et une prise en charge bien faite (et gratuite) des patients pour la durée de la mission. Soixante-cinq patients ont pu être opérés de façon sécuritaire et nous n’avons aucune complication à rapporter.

3- Des locaux (salles d’opération, salles d’examen et chambres d’hospitalisation) neufs et très fonctionnels mis exclusivement à la disposition de la mission.

4- Un enthousiasme communicatif partagé par tous les participants malgré la lourde charge de travail.

5- Enfin, l’équipe a apprécié l’hébergement à proximité de l’Hôpital et la nourriture de qualité remarquable.

vendredi 13 février 2009

jeudi 12 février 2009

Deux poids, deux mesures...





Deux poids, deux mesures...

Qui aurait dit, en les croisant dans la rue, qu'Alfousseiny et Alasanne sont jumeaux? Et pourtant, ces deux petits frères sont en effet nés le même jour, pesaient relativement le même poids et ont reçu les mêmes bons soins de leurs parents.

Mais Alasanne, aujourd'hui âgé de 8 mois, est un petit bonhomme bien frêle, ne pesant que 4,7 kg. Sa lèvre fendue l'a jusqu'ici empêché de se nourrir au même rythme que son frère. Toutefois, il est fort à parier que grâce à son intervention chirurgicale, il pourra rapidement rattraper le temps perdu. Alfousseiny aura bientôt un adversaire de taille pour le défier au foot!

Pour Yattou, c'est encore plus miraculeux! Elle aussi atteint à peine 4,7 kg sur le pèse-bébé. Et pourtant, Yattou a déjà 15 mois! Privée de sa maman depuis sa naissance, elle nous arrive, toute minuscule et effrayée, blottie dans les bras de sa vieille grand-mère. Elle pleure, inconsolable. Geneviève, anesthésiste, examine minutieusement ses petits membres chétifs, à la recherche de veines pouvant recevoir l'intraveineuse. C'est avec patience et grande délicatesse qu'elle réussit l'impossible pour ensuite conduire l'enfant à la salle d'opération pour y subir une labioplastie bilatérale.

Ce matin, Yattou est encore un peu souffrante avec sa petite lèvre réparée, mais elle pourra enfin boire et manger convenablement... à condition bien sûr, que papa puisse apporter assez de nourriture à maison...

De notre côté, en la regardant quitter l'hôpital, nous réalisons fort bien que nous venons de lui sauver la vie, car elle serait probablement morte à plus ou moins court terme de malnutrition.

Marie-Claude Lacroix,
Bénévole

mardi 10 février 2009

Le dimanche à Bamako





C’est le jour du mariage, pour nous c’est jour de repos et l’occasion de découvrir un peu les environs. Nous nous rendons à Siby, à 50 km de Bamako, en compagnie du Dr Hamady Traoré. Après un court arrêt à la Maison du karité, une coopérative qui regroupe les femmes productrices de beurre de karité dans la commune rurale de Siby, nous partons en excursion vers l’Arche de Kamandjan, l’endroit porteur d’une légende est magnifique. Comme on dit ici, c’est une journée “tranquille”.

Le lendemain à notre arrivée à l’hôpital, je vais voir Madame Coulibaly qu’on appelle affectueusement Awa. C’est la cuisinière en chef, elle nous prépare chaque jour le repas du midi, déjeuner pour elle et diner pour nous. Je dis oui à tout ce qu’elle me propose car j’ai en elle une confiance absolue, ses plats preparés avec soin sont délicieux.

La clinique est bondée, le bouche à oreille fonctionnne, après tout ce n’est pas surprenant. Certains sont là pour une visite post-opératoire, plusieurs nouveaux patients se feront opérer. J’essaie de me rendre utile en attendant Souleymane avec qui je fais les courses au quotidien. Il est originaire de Bamako et étudie à Montréal, il connaît bien la ville et parle bambara, je ne saurais me passer de son aide.

Marthe

dimanche 8 février 2009

Ani sogoma! Bonjour!




Déjà une semaine s’est écoulée depuis notre arrivée à Bamako, ville colorée, aux cultures diversifiées.

Chaque matin, en se rendant à l’hôpital, nous assistons au lever rapide du jour, alors qu’au chant du coq, les habitants s’affairent déjà. Les mères, le dos courbé avec leurs enfants enveloppés dans leur baluchon balayent le pallier de leur case ou font la lessive dans une cuve, au bord de la route. Les hommes se rendent au travail, à pied, à bicyclette ou en moto, tandis que les enfants marchent jusqu’à l’école, tout endimanchés dans leurs uniformes bien pressés.

À l’hôpital, les premiers patients nous attendent. Les médecins font la tournée des jeunes opérés de la veille, alors que l’équipe de soins infirmiers préparent la salle d’opération et les anesthésistes prennent charge des premiers patients. Une routine bien rodée où chacun et chacune connaît parfaitement sa tâche.

Plus d’une centaine d’enfants ont déjà été évalués, alors que le recrutement se poursuit, grâce à la publicité diffusée à la radio, à la télévision et dans le journal local, en plus du bouche à oreille fort efficace dans ce pays de tradition orale.

Les maliens sont polis, patients, silencieux. Ils se soutiennent par un regard, par une présence, mais avec peu de mots. Les enfants sont courageux, obéissants, voire même pour certains, tout à fait stoïques face à la douleur. Bien sûr, les petits bébés pleurent, comme tout les petits bébés du monde lorsqu’on les pique pour installer les intraveineuses. Mais j’ai vu de très jeunes et de moins jeunes enfants endurer sans même gémir des interventions fort douleureuses.

Au fil de la journée, sur les tables A, B et C, défileront différents cas de fentes labiales ou labio-palatines, de reconstructions de séquelles de noma, des relâchements de contractures de cicatrices de brûlures. Les uns après les autres, les patients, une fois éveillés, seront conduits à leur chambre, certains tenant bien fort au creux de leurs mains toutes menues, la petite auto ou la marionnette qu’on leur a donnée pour les féliciter de leur courage. Les parents les accompagnent, le regard encore étonné par le miracle qui vient de se produire. Leur enfant a enfin trouvé le sourire, le sourire de la vie.

Kanchi les amis, demain est un autre jour!

Marie-Claude Lacroix
Bénévole

mercredi 4 février 2009

Sourire aux larmes


Mission Sourires d’Afrique…une équipe enthousiaste, un pays accueillant, des enfants souriants… des journées pleines d’espoir! Voilà notre mission.

Geoffrey vous a très bien décrit notre arrivée et nos premiers jours sur la version anglaise de notre blog. Permettez-moi de vous en décrire un peu l’atmosphère. Je dis un peu, car les mots peuvent difficilement transmettre les émotions vécues en observant les médecins, les infirmiers et infirmières, tous dévoués, qui sont là à l’écoute de l’enfant et du parent. L’équipe malienne, qui en traduisant permet une communication fluide, participe à la consultation.

Le premier jour, on accueille les patients et leurs accompagnateurs qui, patiemment, silencieusement, attendent leur tour. Les spécialistes échangent, trient et priorisent les cas. On photographie les patients, on remplit les dossiers, on prend les signes vitaux.

Au bloc opératoire, on prépare les salles, on installe l’équipement en accordant les systèmes maliens et canadiens. On trouve les solutions, avec calme, ingéniosité et bonne volonté. L’équipe est souriante, heureuse d’être là pour aider… pour servir.

Le deuxième jour, on s’y met déjà. À 8h00 les opérations commencent sur deux tables en parallèle. Nous avons opéré sept enfants, principalement des bébés âgés entre 5 et 9 mois, mais aussi une petite fille de 6 ans appelée Awa. Elle a subit une importante opération (révision du lambeau frontal). Nous avons hâte de voir les résultats qui seront plus précis dans quelques jours mais nous savons déjà que celui-ci sera fort réussi. Nous partagerons avec vous cette transformation plus tard…

Aujourd’hui, jour 3, nous étions bien rodés, et nous avons pu opérer sur 3 tables (soit une, uniquement pour de l’enseignement qui a permis de redonner le sourire à trois jeunes adultes de 18, 19 et 24 ans.)

Mais avant de vous quitter, alors que nous venons de nous attabler pour le souper (22h00), je ne peux m’empêcher de vous parler du petit Mamadou, petit bonhomme de dix ans, venu d’une région éloignée grâce à l’organisme « Au fil de la vie », qui patiemment attendu son tour, coloriant dessin après dessin, pour ensuite aller courageusement en salle d’op pour subir son intervention. Oui, Dr Bortoluzzi, lui a redonné le sourire mais c’est lui qui nous a donné quelques larmes lorsque nous avons assisté à sa propre découverte de son nouveau visage. Son papa était, je crois, très heureux du résultat et du bonheur de voir son fils repartir avec une deuxième chance.

Voilà donc, en quelques mots le début de notre magnifique aventure dont je partagerai avec vous encore quelques images dans les prochains jours.

Merci à tous ceux et celles qui nous accompagnent en lisant régulièrement…

Salut les amis!

Marie-Claude Lacroix

Bénévole, salle de réveil

mardi 7 octobre 2008

Redonner La Vie Par Le Sourire

Voilà l’objectif de Mission Sourires d’Afrique, une action bénévole qui, par le biais de la reconstruction faciale, permet à de jeunes enfants africains non seulement de retrouver le sourire, mais de mieux se nourrir, de s’exprimer plus clairement, de développer une estime de soi pour ultimement mieux s’intégrer dans leur communauté.  

Alors que la reconstruction faciale est une opération courante et couronnée de succès dans notre société, elle demeure encore  aujourd’hui un défi de taille pour les médecins œuvrant dans des pays en voie de développe-ment. C’est pourquoi nos spécialistes iront soutenir l’équipe médicale en place en transmettant des connaissan-ces de pointe et en partageant des façons de faire nouvelles et efficaces. 
Mission Sourires d’Afrique est le fruit de la collaboration d’un groupe de bénévoles passionnés: médecins chirurgiens, anesthésistes, pédiatreinfirmières et inhalothérapeute qui se sont associés à des bénévoles du milieu des affaires  pour organiser et financer  des missions chirurgicales humanitaires de reconstruction faciales chez l’enfant en Afrique.